"Aimer lire, c'est faire un échange des heures d'ennui contre des heures délicieuses." Montesquieu ne prenait pas le RER et pourtant il a tout compris.
Revue de mes emprunts à la bibliothèque municipale. Et un post sur deux, un gif avec des animaux, histoire de faire rayonner gaité et joie dans vos coeurs.
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La liste des 10 livres que je conseille, et les conseils des autres joyeux contributeurs

Bifteck - Martin Provost

C’est bien sur ma déformation professionnelle qui m’a fait emprunter ce curieux petit livre. C’est une étrange et truculente fable qui nous raconte comment André, jeune boucher breton qui fait chanter la chair des femmes et réussi les saucisses à merveilles, partit pour l’Amérique avec ses sept enfants. Une histoire sans queue ni tête qui se lit très vite, pour les amateurs de bonne bidoche et de romans où l’on n’y pige que pouic.

Je vais beaucoup mieux que mes copains morts - Viviane Chocas

Un petit livre dont le titre m’a attirée.

Première partie, Blanche tient un atelier d’écriture dans une maison de retraite et dans son temps libre fait l’amour avec le livreur de pizza. L’intérêt principal de cette partie est le style d’écriture, le récit est entièrement placé dans la bouche de Blanche, même les dialogues. Curieux.

Deuxième partie, folle épopée de Blanche et de ses petits vieux à la recherche de ses origines et tutti quanti.

Au bilan un petit livre qui se laisse lire facilement mais auquel je n’ai pas vraiment accroché. Si les personnages sont bien dessinés, le scenario pêche pas sa prévisibilité.

(Source : ForGIFs.com)

Comment se faire des amis - Dale Carnegie

L’autre jour j’ai trouvé cet opus dans la bibliothèque de mon beau-frère qui, croyez-en ou non vos oreilles, a été obligé de le lire dans le cadre de ses études (non, il n’est pas informaticien). J’ai aussitôt profité d’un long trajet en voiture avec bouchons pour le parcourir en diagonale, et vous en livrer ici la substantifique moelle. Tout ça pour vous éviter de lire vous-même ce triste ramassis de lieux communs ponctué d’exemples tirés de la vie vraie de vraie (“l’autre jour, ma concierge m’a fait remarquer…”). En gros, notre ami Carnegie (qui a même breveté une méthode à son nom) démontre dans un argumentaire légèrement redondant que pour se faire des amis ou créer des relations professionnelles durables il faut :

  • sourire
  • s’intéresser aux gens
  • se montrer empathique
  • se souvenir du prénom de son interlocuteur

Sans Dale Carnegie, nous vivrions dans un monde froid et inhospitalier, et nous morfondrions dans une solitude lunaire.

Vous savez tout maintenant, l’univers est à vous pieds (à condition de ne pas souffrir de troubles de la mémoire).

Par Julia

Note de Virginie : je suggère au type de la couverture d’aller chez le coiffeur s’il veut vraiment se faire des amis.

(Source : ForGIFs.com)

Le Joyau des Sept Etoiles - Bram Stoker

Révélation au rayon “S” de la bibliothèque l’autre jour. Bram Stoker n’a pas écrit que Dracula. Ces auteurs gothiques de la fin du XIXéme qui mêlent fantastique et sciences, policiers et mystères sont mes favoris (je pense en particulier à Wilkie Collins, voire Stevenson).

Le joyau des sept étoiles est construit dans la même veine que Dracula. Un jeune avocat, Ross, moderne est confronté au fil du récit à des phénomènes visiblement surnaturels qui vont le marquer pour la vie.

Dans le Londres de l’époque féru d’égyptologie, la fille du riche sir Trewlany fait appel à son ami Ross quand son père, qui collectionne momies et amulettes dans sa chambre (!) est étrangement attaqué et tombe en catalepsie.

La première partie du roman nous met donc en scène cette étrange veillée du professeur ni mort ni vivant, et la montée de l’angoisse des personnages dans un huis clos aux relents de surnaturel. Ensuite, nos joyeux lurons partent dans un manoir coupé du monde pour tenter de se livrer à La Grande Expérience à base de momie, de pierres précieuses et de lampes magiques. Je n’en dirai pas plus. La fin est vraiment réussie, summum d’angoisse et plutôt perturbante. A tel point d’ailleurs que l’éditeur de l’époque a demandé à Bram Stoker d’en écrire une autre, moins noire. Les deux fins sont proposées dans l’édition ci dessus. C’est très intéressant de comparer. La deuxième fin est en effet bien moins marquante que la première.

Comme dans la plupart de ces romans de l’époque, on est toujours sur un fil entre machisme et parité. Margaret Trewlany est donc choyée par ces messieurs pour lui éviter des crises de nerfs “propres à son sexe” mais est aussi le personnage clé de l’intrigue, quand elle parle, on la croit. Les préjugés sont nombreux et les imprécisions scientifiques prêtent à sourire. Comme lorsque le professeur explique que les égyptiens avaient certainement percé le secret de l’atome et du nucléaire. Très joli raisonnement aussi dans la bouche de l’avocat : “La Bible nous enseigne que des miracles ont eu lieu au temps de Salomon et de Saul, donc les pouvoirs magiques existaient dans l’Antiquité. Or la Bible dit toujours vrai, donc il est possible que les égyptiens aient eu des pouvoirs magiques de sorciers”.

Je conseille donc vivement ce livre, qui à notre époque se lit à deux niveau : celui d’un roman angoissant et un aperçu des découvertes (égyptologie, hypnose, folklore, mesmérisme, …) qui troublaient la haute société de l’époque.

La photographie - Penelope Lively

Bien après la disparition de sa femme Kath, Glyn retrouve dans ses affaires une vieille photo semblant indiquer qu’elle avait une liaison avec son beau-frère. Il entreprend alors une exploration du passé de Kath pour (peut-être) comprendre enfin qui elle était vraiment. A mon avis, ce livre part d’une bonne idée (peindre le portait d’un personnage qu’on ne rencontre jamais directement, à travers les témoignages de ses proches), mais je n’ai jamais été complètement captivée au cours de ma lecture.

Peut-être parce que le thème (“on ne connaît jamais vraiment les gens”) a été vu et revu ailleurs au point de paraître légèrement éculé, et parce que j’ai eu du mal à apprécier le personnage assez prévisible de Kath (belle et rayonnante en apparence, mais en réalité torturée et fragile, oui oui, c’est du déjà vu aussi). En fait il ne manque pas grand-chose à ce roman, si ce n’est une petite étincelle d’originalité ou de folie, celle qui ferait toute la différence…

par Julia